Contention en psychiatrie : une pratique toujours d’actualité en France
Des pratiques controversées
Malgré les avancées, la contention mécanique persiste dans les hôpitaux psychiatriques français. Une étude de l’Institut de Recherche et de Documentation en Economie de la Santé (Irdes) révèle que, sur 220 établissements offrant des soins sans consentement, seuls 32 affirment ne pas recourir à cette méthode. En 2022, près de 8 000 patients sur environ 76 000 ont été attachés, une réalité que dépeint Julien, 35 ans, qui témoigne de son expérience traumatisante : « Je me suis retrouvé ligoté à une table pendant quatre ou cinq heures. »
Un appel à l’abolition
Chaque année, 13 millions de personnes souffrent de troubles psychiques en France. L’association UnaFam, qui soutient 16 000 familles touchées par ces difficultés, a récemment plaidé pour l’abolition de la contention. Magali Coldefy, chercheuse à l’Irdes, souligne que la France se situe dans la moyenne supérieure par rapport à ses voisins européens en matière de contention, ce qui soulève des questions éthiques et pratiques quant à la prise en charge des patients.
